Alizée, la question qui revient le plus sur les forums de la Nouvelle Star depuis la fin des castings est « qu'est-ce que tu deviens depuis la première étape à Nantes » ?
Je ne m'attendais pas forcément à passer dans les premières émissions comme je n'étais pas retenue à la fin. J'ai eu la bonne surprise de voir que je n'avais pas été coupée au montage. Je n'ai pas été prise à la fin pour des raisons qui leur appartiennent et je suis retournée à mes études que je viens de terminer. J'ai commencé à travailler et j'ai repris mon quotidien.
Qu'est-ce que tu faisais comme études ?
Je faisais des études de communication et de marketing au Celsa. J'ai terminé mon master 2 et maintenant je travaille au service marketing du journal « A nous Paris » (voir le site Internet du journal : www.anous.fr/paris/).
Revenons à la Nouvelle Star, au casting de Nantes, on se souvient de ta superbe interprétation de « Lay your head down » de Keren Ann avec quatre « oui » du jury. Que s'est-il passé ensuite au théâtre ?
Je me suis retrouvée avec les 140 candidats retenus à Paris. La première journée a été mitigée, je ne savais pas trop à quoi m'attendre parce que je suis tombée sur une ligne assez dynamique. J'ai chanté « Between the bars » d'Elliott Smith. J'ai beaucoup stressé le premier jour. Le deuxième jour, on nous a donné les chansons pour les trios. Je ne connaissais pas du tout celle de Vanessa Paradis. J'ai pris « J'attendrai » de Claude François et je me suis retrouvée dans un groupe mixte. Ca s'est bien passé. On était avec un mec qui s'appelle John qui est très expansif et qui nous donnait beaucoup d'énergie. Et je me suis retrouvée dans cette fameuse salle A où ils sont venus chercher Jules pour lui mettre un peu plus la pression. Je ne m'en faisais pas trop parce que je voyais que les personnes de cette salle étaient pour moi très bonnes.
Et donc tu es passée pour la dernière étape du théâtre, la performance live face à un public.
Oui, je ne savais pas trop quelle chanson choisir alors j'ai demandé conseil au directeur artistique. Il m'a dit de choisir « Jacques a dit » de Christophe Willem, que ça m'irait bien par rapport à mon grain de voix. Je la connaissais un petit peu. Pour moi, ça s'est plutôt bien passé. J'ai eu quelques trous de mémoire mais ce n'était que quelques mots. Je n'ai jamais perdu le rythme de la chanson. Quand je vois la prestation des autres qui sont passés à la télé, je n'ai pas eu un jury aussi enthousiaste. Je n'ai pas eu de grands applaudissements ou de choses comme ça à la fin.
Tu croyais en tes chances à ce moment là ?
Je ne savais pas trop à quoi m'attendre. J'avais des doutes, j'avais l'impression d'être un peu trop « normale ». Je ne rentrais pas dans un stéréotype de chanteur à fort caractère. Je me trouvais un peu fade par rapport aux autres et je me suis dit que ça allait certainement s'arrêter là pour moi. Je n'ai pas été surprise de ne pas être prise. Naturellement, j'étais déçue.
On se souvient d'un Philippe Manœuvre impressionné par ta guitare au moment du casting à Nantes, est-ce qu'il a eu le droit d'y toucher ?
Non, il n'a pas essayé (rires). C'est vrai que j'ai toujours des petits commentaires sympa sur ma guitare parce qu'elle n'est pas commune. Je ne savais pas du tout quoi acheter à l'époque et on me l'a conseillé parce qu'elle est bien pour les filles, la caisse est plus fine. C'est plus facile d'y jouer. C'est une guitare de gaucher donc je ne peux pas forcément la prêter et vice-versa, je ne peux pas forcément jouer sur les guitares des autres.
Pourquoi avoir été faire ton casting à Nantes alors que tu es de la région parisienne ?
Parce que je n'ai pas pensé à m'inscrire tout de suite et c'est une amie qui m'a incitée à le faire. Et quand on a appelé pour s'inscrire, il n'y avait plus de place pour Paris. Ils m'ont donné un numéro de candidat mais je n'ai pas voulu prendre le risque d'y aller comme ça et de me faire refouler à l'entrée. Et comme je n'avais jamais visité Nantes, j'en ai profité pour aller là-bas et faire un petit week-end entre amis.
Avec du recul maintenant, est-ce que tu gardes un bon souvenir de ce casting ?
Oui, c'est une très bonne expérience. C'est vraiment amusant de vivre ça de l'intérieur, de voir comment les gens travaillent. La production est présente tout le temps avec nous : les cameramen, les perchistes, les journalistes… Le niveau était assez élevé, il y avait beaucoup d'auteurs-compositeurs, beaucoup de gens qui venaient avec leur guitare, on avait aussi un piano sur place… On a fait pas mal de bœuf ensemble, c'était sympa, il y avait une bonne ambiance. Pas d'esprit de compétition malsain, on s'entraidait, on remontait le moral de ceux qui n'allaient pas bien. Le jury était très sympa aussi. C'était très bien organisé. Le côté cruel, ce sont les longues heures d'attentes et tout le stress qui va avec.
Est-ce que tu as noué des amitiés durant cette aventure ?
J'ai eu beaucoup de chance parce que je me suis retrouvée avec une fille très sympa dans ma chambre, Jeanne. Elle a été éliminée le deuxième jour après les trios, c'était vraiment dommage. On a gardé contact, on a fait des concerts ensemble depuis. J'ai revu deux autres personnes également en concert : Jonathan Sellem que l'on a vu au casting de Bruxelles et Mehdi qui est donc venu jouer en première partie de mon dernier concert. J'ai gardé contact avec Julien qui n'a pas été pris au tout dernier moment. Mais c'est vrai que dans le contexte de ce genre d'émission, les émotions sont importantes et les amitiés se nouent beaucoup plus rapidement.
Que penses-tu des quinze finalistes retenus ?
Sur les 140 personnes du théâtre, je n'ai pas forcément pu entendre tout le monde chanter. Je trouve Benjamin très très fort, très brillant. Clément aussi, que l'on n'a entendu à la télé que lors de la dernière émission, a été très bon. Il y a des personnes que j'aurais mieux vues que d'autres pour la finale. Julien par exemple, je n'ai pas compris son élimination. Mais sur les quinze retenus, c'est un bon mélange de styles et de caractères. Ils sont quand même obligés, pour l'audience et les téléspectateurs, de prendre des gens avec des histoires pour que le public se lie d'affection assez rapidement.
Est-ce que tu as un favori ?
J'aime beaucoup Clément mais je pense que Benjamin tirera son épingle du jeu.
Quels sont tes projets à moyen terme au niveau musical ?
Je fais quelques concerts en région parisienne. A côté de ça, j'ai déjà des maquettes qui sont enregistrées mais elles ne sont pas d'assez bonne qualité. J'aimerais aller en studio avec les personnes avec qui je joue de temps en temps pour enregistrer quelque chose de mieux. Tout ça pour faire un album autoproduit et ensuite l'envoyer à des maisons de disque ou à des radios pour voir si ça peut plaire.
Est-ce que tu sens que la Nouvelle Star va te servir de tremplin pour ta carrière ?
Non, c'est vraiment très éphémère. Certains candidats avaient vraiment de gros espoirs en se disant qu'ils allaient passer à la télé et être connus. Mais on voit bien que les finalistes des précédentes éditions, ceux qui vont à Baltard, pour la plupart, on ne se souvient plus de leur nom. C'est un tremplin sur le coup, on reçoit plein d'appels de proches. Sur mon MySpace, j'ai eu d'un coup 1 000 écoutes sur un jour alors que d'habitude j'en ai 20 (rires).
Est-ce que tu as un plan de carrière pour l'après Nouvelle Star ?
Je sais que certains candidats en ont profité pour écrire des commentaires sur Internet là où il y avait beaucoup d'articles sur la Nouvelle Star. Je n'arrive pas à évoluer dans une tactique, dans une stratégie… Je n'arrive pas à profiter de cet engouement très furtif. La Nouvelle Star me laissera un souvenir mais ça ne me servira pas à grand-chose. Je ne critique pas ceux qui veulent utiliser ce genre d'émission pour y arriver. C'est une exposition médiatique relativement facile.
Est-ce que tu avais fait d'autres castings avant celui-ci ?
Oui, j'avais tenté la Nouvelle Star déjà l'année dernière à Paris. Mais je n'étais pas du tout prête. Je n'avais même pas passé le premier tour. Pendant la pré-sélection, on m'avait dit que mon grain de voix était sympa mais que je n'avais pas suffisamment de tempérament.
On a vu à Nantes, tu as un côté un peu nonchalant, tu sembles beaucoup intérioriser tes émotions. Est-ce que ça peut jouer en ta défaveur ?
Je suis d'une nature assez timide. On avait beau me dire que j'allais juste chanter devant quatre personnes, on pense aussi aux milliers qui vont vous regarder par la suite derrière leur télévision. J'étais surtout stressée ce jour là. Je me suis trouvée tendue à l'image (rires).
Comment est venue cette passion pour la musique et cette envie de chanter ?
J'ai commencé assez jeune. J'étais au conservatoire de ma ville, à Charleville-Mézières, je jouais de la harpe au début. Je me suis rapidement mise au piano et j'ai commencé à composer des petites choses quand j'avais 15 ans. Puis je suis partie aux Etats-Unis, non pas pour apprendre la musique comme a dit la voix off durant l'émission, mais pour étudier. Là-bas, je me suis achetée une guitare et je me suis mise à composer. Beaucoup de mes influences musicales viennent de ce que j'ai pu écouter là-bas. Beaucoup de folk, beaucoup de blues et c'est pour ça que je compose essentiellement en anglais. J'ai beaucoup de mal à composer en français. J'ai beaucoup appréhendé par rapport à ça au casting, savoir si j'allais pouvoir assurer en français. Le folk a des origines anglo-saxonnes et j'avais peur de ne pas réussir à faire passer ce que je voulais.
Quels sont les artistes qui t'inspirent ?
J'aime beaucoup Elliott Smith, Bob Dylan, les Rolling Stones… Après, ça peut être des styles très différents avec du Radiohead, du jazz, du Nina Simone par exemple. J'aime beaucoup Johnny Cash. J'écoute un peu de tout.
Peux-tu me parler des quatre chansons à l'écoute sur ton MySpace (ndlr : il y en a six désormais) ?
Je les ai écrites et j'ai fait la musique. Ca parle beaucoup de nostalgie du passé. Du passage de l'enfance au côté adulte. Et du temps qui passe, du temps que j'essaye de figer. Ca parle de choses du quotidien. Par exemple une chanson de mon MySpace qui s'appelle « Sing git ain't so » qui est une référence à la chanson de Murray Head « Say it ain't so ». Je l'entendais souvent jouée par un SDF dans le RER A, j'aimais beaucoup l'entendre et j'en ai fait une chanson en parlant de lui.
Où est-ce que l'on peut venir t'écouter dans les semaines à venir ?
Je fais beaucoup de concert à « L'Etage » qui est un bar-resto dans le Xeme arrondissement de Paris (leur site : www.letage.fr). Je vais faire un concert le 19 avril pour une journée caritative contre l'homophobie à l'espace culturel de la mairie du XIIIeme à Paris. Pas d'autres dates de programmées pour le moment.
Son MySpace : www.myspace.com/alizeeszwarc