Jade, tu es une toute jeune chanteuse irlandaise, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
J'ai 17 ans, je vis à Dublin, en Irlande. J'ai grandi dans le quartier de Tallaght où il n'y avait pas grand-chose à faire. J'ai toujours été quelqu'un de curieuse, d'extravertie et d'hyper-active. Je m'implique à fond dans tout ce que je fais. J'ai toujours eu une grande curiosité et une importante envie d'apprendre de nouvelles choses. J'ai toujours adoré l'école. Je suis quelqu'un d'assez atypique : petite, je ne jouais pas à la poupée. Et je n'était pas du genre à parler fringues ou maquillage. J'étais plutôt à m'habiller en survêtement et à me comporter comme un mec. J'avais beaucoup de rêves dont celui de devenir joueuse de football !
Pourquoi cette passion pour le football ?
A ce moment là, le football était toute ma vie. Dès que je rentrais de l'école, je jouais au football. Les week-ends, je jouais au football. Je suis une grande supportrice de Manchester United. J'ai plein de choses sur Manchester : des livres, des maillots, des posters… Le football est très important à Tallaght. C'est un sport qui permettait aux enfants du quartier de rester à l'écart des mauvaises choses. Tous les quartiers autour de Tallaght ont leur équipe de foot avec un capitaine plus âgé pour organiser les matchs et pour régler d'éventuels conflits. J'ai adoré faire du sport à l'époque parce que c'était la seule chose qui me donnait envie de me battre. Ca m'a donné le sens de l'engagement, du don de soi.
Comment est arrivée la musique dans tout ça ?
J'ai toujours aimé la musique et un jour, ma mère m'a surpris en train de chanter et c'est elle qui m'a convaincu de m'investir davantage dans le chant. Depuis ce moment là, je n'ai plus fait machine arrière. J'ai commencé à devenir une fille ! (rires). Maintenant, je suis pleinement impliquée dans la musique. J'ai quitté ce qui a été ma passion d'enfance pour m'investir dans la musique. J'ai trouvé ma vraie passion.
Quelle a été ta première expérience musicale en public ?
J'étais à l'école quand un concours de chant a été organisé. C'est arrivé à un moment où j'étais en train de changer et j'ai décidé d'y participer. Personne hormis ma famille ne m'avait entendu chanter. J'étais très nerveuse, j'ai chanté « The voice within' » de Christian Aguilera. Je n'avais pas de bande play-back alors on a passé le CD et je chantais par-dessus sa voix. Les gens pensaient que je mimais parce que ça ressemblait à la version originale. Les juges m'ont demandé de rechanter acapela pour prendre leur décision et j'ai été prise pour la finale. Pour prouver au public que je savais bien chanter, j'ai repris « The voice within' » acapela et j'ai reçu une standing ovation. C'était très émouvant pour moi. J'ai compris à ce moment là que chanter était ce que je voulais faire.
Parle-moi de ces deux années passées à la Hollywood Academy.
Ca m'a vraiment changé la vie d'y aller. La décision que je venais de prendre de faire carrière dans la musique prenait tout son sens. J'y ai rencontré des gens très talentueux et je m'y suis faite beaucoup d'amis. Je n'ai jamais suscité autant d'intérêt que durant mes années là-bas. J'en garde un souvenir inoubliable. On a tenté plein de choses pour essayer de faire connaître notre voix : on a chanté partout, dans la rue, dans les centres commerciaux, à l'entrée des stations de radio… Il y avait un très bon état d'esprit entre nous. On voulait tous faire la même chose mais il n'y avait pas d'esprit de compétition. J'ai appris à prendre plaisir à faire ce que j'aime sans forcément me prendre au sérieux.
A l'age de 13 ans, tu écris « Tell me the truth »…
C'est une chanson très personnelle que j'ai écrit quand mon père a quitté ma vie pour de bon. J'avais quatre ans lorsque mes parents se sont séparés et il a cessé de nous voir lorsque j'avais douze ans. J'ai toujours cogité sur tout et rien. J'avais toujours quelque chose à dire. Mais quand il est parti, tout s'est effondré. Le monde que je trouvais magnifique, j'ai commencé à le haïr. Tout ce que je trouvais beau est devenu sombre. Toutes les questions que je me posais n'avaient plus d'importance. La seule qui restait est pourquoi mon père est parti. Ca m'a tellement pesé de ne pas savoir pourquoi il était parti qu'un jour, j'ai décidé d'écrire cette chanson. C'est ma façon de dire que je ne peux pas me cacher derrière des sourires, que je suis blessée et qu'il faut qu'il le sache. Je veux savoir s'il m'aime ou si je perds mon temps à me poser des questions. Je l'ai revu à l'âge de seize ans et comme rien n'avait changé dans sa tête, j'ai cessé de m'en faire. Je ne lui manque pas.
Comment s'est passé l'enregistrement de cette chanson ?
Quand j'ai rencontré Billy et Ed, les producteurs qui ont travaillé avec moi sur toutes mes chansons, je leur ai expliqué dans quel contexte cette chanson a été écrite. Je savais que l'enregistrement de cette première chanson allait être une référence pour ma carrière. Pour qu'elle soit plus accessible à tous, j'ai changé quelques paroles pour que les gens puissent se dire que je parle d'un garçon mais pas forcément de mon père. Je parle d'un garçon qui m'a blessé. J'ai enregistré la chanson lorsque j'avais 15 ans.
Quelle a été la suite avec tes producteurs Billy Farrell et Ed O'Leary ?
Ma mère a contacté Billy pour qu'il écoute mes chansons, pour savoir s'il accepterait de me produire et combien ça coûterait. Billy a été impressionné que j'écrive autant de chansons si jeune. Il a aimé les paroles de mes chansons et leur rythmique malgré le fait que je ne sache pas jouer d'un instrument. J'entends la mélodie dans ma tête et je l'enregistrais avec mes paroles. Et donc avec Ed, ils ont proposé de me produire. C'était une grande marque de confiance de leur part.
Aujourd'hui, tu as enregistré trois chansons. Quelle est la suite ?
Je travaille sur trois autres chansons que j'espère pouvoir mettre sur mon MySpace en juin. J'espère pouvoir sortir un album le plus tôt possible. J'ai besoin qu'un bon label s'intéresse à ce que je fais donc souhaite moi bonne chance (rires).
Quels sont les artistes qui t'inspirent ?
J'ai toujours adoré Whitney Houston, Céline Dion, Bette Midler, Mary Black et Randy Crawford, pour ne citer que ceux-là. J'adore Christina Aguilera : sa musique et sa voix sont absolument exceptionnelles. Elle a vraiment eu une influence importante sur ma musique. Malgré tous les risques qu'elle a pu prendre, tout semble lui réussir. Elle assume à merveille sa carrière. J'adore Justin Timberlake, les artistes produits par Timberland… J'adore la personnalité de Pink et sa musique m'inspire beaucoup tout comme Avril Lavigne et Rihanna.
Quels messages fais-tu passer dans tes chansons ?
Pas de message particulier. J'essaye de retranscrire certaines choses qui me touchent ou des expériences passées. Je n'écris jamais à chaud sous le coup d'une émotion ou d'un sentiment. Mes chansons ne sont pas le reflet de l'humeur dans laquelle j'étais lorsque je les ai écrite.
Est-ce que tu utilises souvent Internet ?
Internet est très important pour faire écouter ma musique et c'est un moyen de communication très important qui touche le monde entier. Quasiment tout le monde surfe sur Internet, les jeunes comme les moins jeunes. Mon rêve est qu'un responsable d'une major tombe sur mes chansons sur Internet et apprécie mon travail au point de me proposer quelque chose.
Quelques mots sur ton pays, l'Irlande…
C'est là que je suis née et c'est là où je me sens naturellement chez moi. Je suis très attirée par les autres parties du monde. J'adore les Etats-Unis, j'ai toujours voulu y aller. J'ai découvert tant de choses là-bas… L'Irlande ne peut pas m'offrir toutes ces choses. Où que tu ailles en Irlande, tout semble être pareil.
Est-ce que tu arrives à concilier toutes tes occupations avec une vie sentimentale ?
En tout cas, je suis persuadé que c'est possible de concilier une carrière de chanteuse et une vie de couple. Il faut tout réaliser avec un bon état d'esprit et positiver au maximum. Même au top de sa carrière, on doit être capable de donner une part suffisante à son couple. J'ai un petit ami en ce moment. Si je dois réaliser un album et signer un contrat avec une maison de disque, c'est sûr que je consacrerai beaucoup de temps à mon travail.
Un petit mot sur la France…
Je ne suis jamais venue en France mais j'adorerai voir ton pays. J'adore l'accent français (rires).