Ils sont rares les producteurs de cinéma à être aussi célèbre que les comédiens… Daniel Toscan du Plantier, lui, pouvait se prévaloir d'être connu et reconnu de la profession autant que du grand public… Ni mégalomane, ni vaniteux, il travaillait uniquement à rendre le cinéma français plus beau et plus grand…
Né en 1941, à Chambéry, Daniel Toscan du Plantier décroche d'abord le diplôme de l'Institut d'Etude Politique de Paris, avant de passer dix ans dans la publicité… Il dirige « Régie Presse », une filiale du groupe « Publicis ».
Puis il rejoint le 7ème Art en 1975 en devenant le Directeur Général Adjoint de Gaumont, avant d'en devenir le Directeur Délégué jusqu'en 1985. C'est grâce à lui que des films prestigieux ont pu se faire… « Cousin, cousine » de Jean-Charles Tachella, « Don Giovanni » de Joseph Losey, « La cité des femmes », de Federico Fellini, ou encore « A nos amours » et « Police » de Maurice Pialat.
Par la suite, il mettra sur pied d'autres grandes œuvres… Avec son ami Pialat il donnera vie à « Van Gogh » et « Sous le soleil de Satan », couronné à Cannes…
Il inventera le concept de film opéra en produisant « Boris Goudonov » de Zulawsky, « La Tosca » de Benoit Jacquot, ou « Madame Buterfly » de Frédéric Mitterrand… C'est grâce à lui aussi que le réalisateur malien Souleymane Cissé pu mener à bien « Waati », tout comme l'indien Satyajit Ray a pu tourner « Les branches de l'arbre »… Plus récemment, il a produit « Quadrille » de Valérie Lemercier, ou encore « « La Dilettante » de Pascal Thomas…
Mais Daniel Toscan du Plantier, c'est aussi le plus formidable des ambassadeurs du cinéma français… Président depuis 1988 d'Unifrance, l'organisme chargé de promouvoir le cinéma français à l'étranger, il était un fervent défenseur de l'exception culturelle française… Avec sa grande silhouette un peu britannique, son grand sens des médias, cet habile politique a su défendre le 7ème Art avec panache et lui assurer développement et rayonnement…
Président de la Cinémathèque de Toulouse et fondateur du Festival de Marrakech, il était également le Président de l'Académie des Arts et techniques du Cinéma, l'institution en charge de la grande fête des Césars…
Une fête qui sera bien difficile le 22 février prochain pour cette 28ème édition… Après la disparition de Maurice Pialat le mois dernier, celle de Daniel Toscan du Plantier rend orphelin tous ceux qui travaillent pour le cinéma, mais aussi tous ceux qui l'aiment et le défendent… Un personnage essentiel à ce cinéma français qu'il essayait inlassablement de porter hors de ses frontières…