Une bouille rieuse, l'œil pétillant, un petit air espiègle qui sait aussi attendrir, Ludivine Sagnier s'impose déjà, comme un vrai tempérament. A tout juste 24 ans, elle peut se vanter d'une belle filmographie…
Il faut dire qu'elle hante les plateaux de cinéma depuis l'âge de 9 ans… Ses premières apparitions datent de 1989 chez Pascal Thomas dans « Les maris, les femmes, les amants » et chez Alain Resnais dans « I want to go home »… Excusez du peu ! L'année suivante, elle figure même au générique de « Cyrano de Bergerac », de Jean-Paul Rappeneau. On pourrait rêver pires débuts.
On peut également l'apercevoir dans quelques téléfilms des années 1990. Mais elle ne se contente pas d'être présente à l'écran… Ludivine, qui a la comédie dans la peau, se donne les moyens d'assouvir sa passion. Elle prend des cours de théâtre, d'abord à Sèvres, en banlieue parisienne, pendant huit ans. Puis elle entre au Conservatoire d'Art Dramatique de Versailles en 1994, d'où elle sort avec deux premiers prix.
Dès 1999, c'est donc de manière plus professionnelle qu'elle aborde ses tournages suivants… Elle enchaîne plusieurs petits rôles… Chez Diane Kurys, dans « Les enfants du siècle », elle est Hermine, la sœur d'Alfred de Musset, interprété par Benoît Magimel… Face à elle, elle trouve Juliette Binoche, en Georges Sand. Puis elle décroche un prix d'interprétation pour un court métrage, « Acide aminé », de Guillaume Bréaud.
Mais une rencontre va révéler son formidable potentiel de jeu. François Ozon réalise cette année là « Gouttes d'eau sur pierres brûlantes »… Une adaptation de la pièce de théâtre de Fassbinder où elle a pour partenaire Malik Zidi, Anna Thomson et Bernard Giraudeau. Un drame iconoclaste, où elle joue Véra, amoureuse éperdue du jeune Franz pris sous le joug passionné de Léopold, un cinquantenaire machiavélique. La prestation de Ludivine crève l'écran dans ce huit clos théâtralisé, totalement déjanté… Charnelle, mutine, Ludivine y est lumineuse.
En 2001 on retrouve son énergie conquérante dans 2 films… « Ma femme est une actrice », d'Yvan Attal, et de nouveau chez François Ozon, où elle est une des muses de « Huit femmes », le beau succès de l'année… Aux côtés de comédiennes toutes plus capées les unes que les autres, elle ose une partition sans fausses notes…
Nullement en porte à faux face à Danielle Darrieux, Catherine Deneuve, Fanny Ardant, Isabelle Huppert, Emmanuelle Béart, Virginie Ledoyen et Firmine Richard, Ludivine joue tour à tour l'espiègle, l'enfant innocente, l'adolescente rebelle, ou la femme en devenir, déjà diabolique…
Puis avec André Dussolier et Isabelle Carrée, elle prête sa voix à l'un des personnages du dessin animé « La légende de Parva », de Jean Cubaud… Avant de rejoindre Pascal Bonitzer pour « Petites coupures », où avec Kristin Scott Thomas, Emmanuelle Devos, Pascale Bussières, elle est l'une des femmes qui va tourmenter l'existence d'un journaliste communiste aux convictions vacillantes, interprété par Daniel Auteuil…
Avec une quinzaine de films à son actif, Ludivine Sagnier s'est déjà forgée un beau parcours qui va s'étayer un peu plus cette année, avec notamment deux films très attendus, « La petite Lili » de Claude Miller, et « Swimming Pool » de François Ozon, tous les deux en compétition officielle à Cannes. Dans « Swimming Pool », qui sortira le 21mai, elle est Julie, une jeune fille qui va perturber la retraite studieuse d'une romancière incarnée par Charlotte Rampling…
Tandis que pour Claude Miller, elle est « La petite Lili », au cœur d'une tourmente amoureuse dans laquelle se perdent Nicole Garcia, Bernard Giraudeau, Julie Depardieu, Robinson Stevenin et Jean-Pierre Marielle… « La petite Lili », sera sur tous les écrans le 27 août prochain…
Un avenir radieux donc pour la belle Ludivine, qui s'internationalise, puisqu'elle fait partie du casting du « Peter Pan » réalisé par P.J.Hogan, qui sortira en février 2004. Elle y incarne la malicieuse fée Clochette…
Une bonne étoile pour la suite de sa carrière, qui s'annonce sous les meilleurs auspices…