Née dans l'Eure, de parents artistes peintres, Nathalie Baye est très tôt habitée par une passion : la danse. Elle suit des cours à Monaco, avant de tenter sa chance à New York, où elle participe à quelques ballets. Elle a alors 17 ans…
De retour en France, elle se tourne vers la comédie… Elle s'inscrit au Cours Simon, avant d'entrer au Conservatoire d'art dramatique où elle a pour camarades André Dussolier, Jacques Weber, Jacques Villeret, Francis Perrin ou encore Jean-François Balmer… Belle brochette. Un deuxième prix de comédie en poche, elle joue au théâtre avant de faire sa première apparition au cinéma, dans un film de Robert Wise, « Brève rencontre à Paris »… Nous sommes en 1972, et elle donne la réplique à Peter Fonda et Lindsay Wagner. La même année elle tourne avec Nina Companez, et en 1973, elle fait une rencontre capitale : François Truffaut. Elle interprète le rôle d'une scripte, naturelle et rieuse dans le très beau film sur le cinéma, « La nuit américaine ».
Remarquée par la critique et le public, elle enchaîne avec un rôle plus dramatique dans « La gueule ouverte », de Maurice Pialat, où elle a pour partenaire son compagnon de l'époque, Philippe Léotard… Elle joue dans « La gifle » de Claude Pinoteau, « Mado », de Claude Sautet, et tourne également sous la direction de Nadine Trintignant et Marco Ferreri. Elle retrouve ensuite François Truffaut en 1977 pour « L'Homme qui aimait les femmes », aux cotés de Charles Denner… Puis en 1978, elle est la vedette principale du troublant « La chambre verte »… Elle est l'assistante d'un commissaire priseur nécrophile campé par Truffaut lui-même…
La popularité de Nathalie Baye prend alors de l'ampleur… Jean-Luc Godard l'appelle sur « Sauve qui peu la vie » en 1982 qui lui vaudra le César du meilleur second rôle féminin. Elle est ensuite une jeune enseignante angoissée dans « Une semaine de vacances » de Bertrand Tavernier, et rencontre l'univers plus noir de Pierre Granier-Deferre pour « Une étrange affaire » qui lui apporte son deuxième César.
Bertrand Blier avec « Beau-père », ou Daniel Vigne avec « Le retour de Martin Guerre », enrichissent la palette de son jeu, et lui permettent de camper une prostituée de caractère, sensuelle et déterminée dans « La balance » de Bob Swain en 1982. Elle donne la réplique à Richard Berry et Philippe Léotard et décroche le César de la meilleure actrice.
Dès lors, des films se font sur son seul nom… « J'ai épousé une ombre », « Détective » aux cotés de Johnny Hallyday son compagnon d'alors, « Notre Histoire » avec Delon, ou « Rive droite, rive gauche » avec Depardieu… Des rôles tout en nuances, où elle se permet d'être audacieuse…
Diane Kurys, Nicole Garcia, lui dessinent ensuite des portraits de femmes fortes, obstinées, dans des films de moindre audience mais où Nathalie Baye gagne en prestance. Jeanne Labrune et Tony Marshall complètent ce clan très restreint de réalisatrices qui savent lui écrire des rôles parmi ses plus beaux… Comme cette esthéticienne solitaire de « Vénus beauté institut », qui ne croit plus en l'amour, mais qui ne sait pas masquer ses sentiments pour un bel inconnu… Elle se dévergonde ensuite dans « Une liaison pornographique », film sulfureux qui lui permettra de gagner le prix d'interprétation à Venise en 1999.
Exubérante dans « Absolument fabuleux », aux cotés de Josiane Balasko, elle vient de séduire Spielberg qui lui a offert le personnage de la mère adultère et égoïste de Leonardo di Caprio dans « Arrête moi si tu peux »… Dans le dernier film de Chabrol, « La fleur du mal », elle est une grande bourgeoise à la vie bien établie, qui fuit la réalité, et n'existe que dans le paraître…
Explorant continuellement d'autres univers, Nathalie Baye marque durablement le cinéma français de son empreinte. Totalement épanouie, elle est l'une de nos plus belles comédiennes, populaire et exigeante.